Extraits d'un texte écrit par M Henri Boitard pour les 50 ans de l'association)

D'abord, quelques mots sur l'origine des MSCarters fondements. Elles sont nées au lendemain de la Libération, d'un mouvement de la Résistance en 1944, la République des Jeunes. Il s'agissait de sortir de l'ornière des mouvements pétainistes, de développer des initiatives nouvelles et innovantes en direction de la jeunesse, de lier jeunesse et culture dans une perspective d'éducation populaire. En mars 1946, la République des Jeunes devient la Fédération des Maisons de Jeunes. Et c'est André Philip, professeur d'université, résistant, plusieurs fois ministre, l'un des fondateurs plus tard du PSU, qui a créé la Fédération Française des MJC en 1948.

Dans leurs 20 premières années, les MJC ont accueilli essentiellement la jeunesse populaire, pour lui rendre accessible les loisirs et la culture, la rendre actrice et responsable de ses loisirs. Il s'agissait ainsi de mettre en place des lieux de rencontre, où cette jeunesse allait pouvoir se former, échanger, pratiquer des activités réservées auparavant à une élite sociale.

 La MJC de Quintin ?

C'est en août 1965 qu'un Foyer de jeunes se constitue, autour de jeunes adultes et d'adolescents de la génération des babyboomers. En octobre 1968, il se constitue en association MJC, demandant son affiliation à la FRMIC en novembre 1968. L'officialisation, avec la parution au JO, se fera en janvier 1969.

 Ce rassemblement reçoit l'appui de Mr. de Bagneux, sénateur-maire de Quintin.
 Mr. de Bagneux poursuit ainsi un double objectif : d'abord, donner satisfaction à la nombreuse génération montante, mais aussi, et c'était clairement sa volonté, proposer un cadre où toute la population pourrait se retrouver en dépassant l'antagonisme breton rituel entre les laïcs et les cathos, clivage particulièrement installé à Quintin. Ainsi au CA étaient membres de droit, des représentants éminents des « deux bords » : le patronage la Jeanne d'Arc, l'Amicale Laïque; et en tant que membres associés le directeur de JeanXXIII, le collège le Volozen.

En octobre 1970, la MJC quitte la rue du Mal Leclerc pour intégrer cet imposant ensemble dans lequel elle se trouve toujours, ce complexe Salle des fêtes - MJC.

Les activités se sont progressivement développées dans de multiples directions ; il s'agissait donc d'organiser des activités de loisirs accessibles au plus grand nombre, d'en démocratiser la pratique.

Les années 70 ont été celles de la civilisation des loisirs : se développent alors des activités de loisirs telles que la poterie, le tissage, la peinture sur soie, le macramé, la photographie, mais aussi la gymnastique volontaire féminine, la danse, la musique. La MJC s'est alors ouverte à tous les âges, à d'autres publics, devenant Maison pour tous. En juin 1975, se formait le club de la Roche longue, club du 3è âge de la MJC

Mais, des évolutions structurelles et organisationnelles importantes s'étaient opérées. D'abord, un directeur, personnel de la FRMJC, était arrivé en 1971. Et en 1975, deux animateurs sont désormais rétribués, en danse et en karaté.

Outre que la présence d'un directeur a entraîné un grand développement, le nombre d'adhérents passant de 230 en 1970, à 350 en 1973, 600 en 1981, puis à 1200 en 1990, elle a surtout modifié le fonctionnement de l'association, en instituant un partenariat tripartite entre l'association de base, la collectivité contributrice, c'est-à-dire la mairie de Quintin, et la Fédération des MJC. Dès la fin des années 70 , la MJC était fréquentée par des non Quintinais. En 1980, sur 600 adhérents, 45% étaient non Quintinais, et au cours des années 90, le pourcentage était devenu celui d'aujourd'hui : 70 /30, correspondant en gros au poids démographique relatif de chaque commune. Cela posait bien entendu le problème de la participation financière des communes alentour. En 1995, la MJC prenait symboliquement le nom de MJC du Pays de Quintin. Ce n'est qu'en 2002 qu'a enfin été prise en compte une participation au CLSH par l'intercommunalité de l'époque, et en 2007, une clé de répartition par commune aux frais de fonctionnement était adoptée.

Depuis l'arrivée d'un nouveau directeur en 1983, un secteur d'activités a vu le jour, et s'est développé jusqu'à devenir prépondérant dans l'organisation de la MJC aujourd'hui, c'est celui de l'Accueil de Loisirs Sans Hébergement, qui prend en charge un large secteur enfance-jeunesse, sur les mercredis et les vacances. Ici encore, la MIC a été pionnière dans ses propositions et ses mises en place, assurant une vraie subsidiarité dans un cadre associatif, par rapport aux communes qui n'avaient ainsi pas de service enfance à créer en propre.

La MJC offre une sécurité juridique, administrative et organisationnelle, qui permet l'ouverture à de nombreuses pratiques, selon les demandes du moment. Certaines activités ainsi créées, sous la couverture de la MJC. ont pu se développer, devenir des sections importantes, comme le judo, la boxe Françaises et le basket. D'autres ont pris leur autonomie, tout en restant membres adhérents associés, comme le Club cyclo ou le Club de la Roche Longue. D'autres encore ont pris leur indépendance : la rink hockey était au départ une activité de la MJC, et le QRC a pris son envol en 1975.

Aujourd'hui, de nouvelles orientations se prennent, dans le cadre d'une action plus sociale : les jardins partagés, des ateliers de rencontre et d'échanges de savoir-faire pour les familles, et les Citoyens Connectés pour une aide sur la maîtrise du numérique. La MJC, devenue Espace de Vie Sociale, remplit plus que jamais sa mission, en accompagnant dans des actions de formation et de solidarité des personnes qui pourraient se retrouver en marge de ce monde fragmenté, qui va trop vite pour certains.

Concernant l'action culturelle : la MJC de Quintin n'a jamais oublié le «C» de son sigle mais, association sans véritable budget dédié, elle a toujours fait avec les moyens du bord, utilisant au début les recettes des bals puis des bénéfices réalisés sur les activités ou encore les opportunités de la diffusion de propositions d'organismes départementaux, l'ODDC22, puis Itinéraire bis, ou la FDMJC. Il y a toujours eu une volonté de présenter de la qualité, tout en offrant des tarifs accessibles, avec un budget contrôlé.